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6 500 producteurs.trices soutenu.e.s pendant trois ans avec l’appui de l’Union Européenne

En janvier 2020, nous avons signé un contrat avec l’Union Européenne (UE) sur le « Développement dans l’Union des Comores, d’un modèle agroécologique productif et résilient au changement climatique ». Ce projet a visé 21 villages sur sept communes d’Anjouan et trois villages sur deux communes de la Grande Comore.

La relance des activités agricoles post Kenneth en chiffres

La pandémie Covid-19 a impacté le démarrage de ce nouveau projet qui visait la relance de la production après le passage du cyclone Kenneth en 2019. Malgré cela, nous avons enregistré un très fort rattrapage pour atteindre les résultats attendus.

Nous avons organisé deux modules de formations sous format Champs Écoles Paysans sur les thématiques clés de la gestion intégrée de la production et des ravageurs pour les cultures maraîchères, ainsi que l’association et rotation des cultures vivrières. Ensuite, nous avons dispensé six autres formations ponctuelles sur le compostage, la défense et restauration des sols, la phytopathologie, l’intégration de l’élevage à l’agriculture ainsi que sur la culture et l’entretien de la pomme de terre.

Les formations ont pu renforcer les connaissances des bénéficiaires sur les techniques améliorées de multiplication des cultures vivrières garantissant directement un impact au niveau de la sécurité alimentaire :

  • 6 500 agriculteurs.trices mobilisé.es et accompagné.es, dont 51 % des femmes, issues de 417 groupes agricoles.
  • 3 080 producteurs.trices ont installé 305 germoirs de bananier.
  • 26 000 semences de bananier plantées.
  • 96 000 boutures de manioc et de lianes de patate douce plantées.

L’adoption des pratiques agroécologiques a augmenté les revenus des producteurs

Nous avons pu tirer des conclusions réelles auprès des producteurs à travers des groupes focaux. Grâce à notre investissement sur ces trois années, les retours ont été positifs. 87 % des bénéficiaires reconnaissent une hausse de leur productivité et 81 % ont adopté au moins une pratique agroécologique. Pour le maraichage, il s’agit notamment de (1) l’association de cultures, (2) la rotation de cultures, (3) l’installation de pépinières améliorées, (4) l’amélioration de la fertilité du sol et (5) l’aménagement de la défense et la restauration des sols (DRS).

Figure : % des producteurs enquêtés via les groupes focaux en 2022 ayant pratiqué les techniques agroécologiques de maraichage promu.

83 groupes d’agriculteurs les plus dynamiques ont engagé dans des actions collectives de gestion intégrée de la fertilité des sols agricoles : 125 000 boutures de Gliricidia ont été utilisés pour embocager 400 parcelles.

Trois outils capitalisés à travers le projet

Parmi les technologies agroécologiques développées au cours de cette action, nous avons capitalisé trois outils permettant de valoriser davantage le savoir-faire des agriculteurs.trices. Ces documents et guides sont disponibles sur notre site-web :

  • Le filet anti-insecte : Les parcelles tests ont évité 100 % des attaques par la mouche (Tuta Absoluta), lors de la saison maraichère entre mars et août 2022. La part commercialisable des tomates est de 90 %, voire 100 %. En revanche, ce pourcentage varie entre 40 à 60 % sur les parcelles témoins sans l’utilisation du filet.
  • La multiplication de bananiers en groupe d’agriculteurs : Pour satisfaire la demande de bananier aux Comores, nous avons cherché à maitriser la technique de multiplication rapide de bananiers par la méthode Plants Issus de Fragments de tiges (PIF). Nous avons réussi à perfectionner cette technique et former les producteurs.trices locaux pour être autonome.
  • L’association de cultures maraichères : à travers des concours sur les meilleures parcelles maraichères, nous avons mis en compétition les groupements des agriculteurs.trices. La production biologique et l’association de cultures ont donné de très bons résultats que nous avons capitalisés afin de les rendre utiles aux agriculteurs locaux.

Partage d’expériences avec les acteurs nationaux

Nous avons entrepris des collaborations avec les acteurs nationaux dans le cadre de formations et des échanges sur la valorisation des techniques agroécologiques aux Comores. 105 techniciens externes à Dahari ont été formées grâce à l’organisation avec l’Institut National de Recherche pour l’Agriculture, la Pêche et l’Environnement (INRAPE), des ateliers nationaux et régionaux sur la valorisation des techniques agricoles. Ces ateliers réunissaient plus de 40 participants à chaque fois, y compris des représentants du ministère et de la direction de l’agriculture, des instituts de recherches et des institutions de la société civile.

 

Tout ce travail va maintenant être capitalisé dans un nouveau programme « agroforesterie » en cours de construction. Ce programme cible une plus importante intensification et transformation agroécologique aux Comores. De plus, un modèle « rapide » est également en cours de finalisation qui permettra une large vulgarisation de ces techniques à la suite des prochains évènements naturels.

Nous remercions l’Union Européenne pour ce soutien clé à nos actions pendant les trois dernières années.