Bilan post-cyclone Kenneth – Première intervention d’urgence gérée par Dahari

Dans la nuit du 24 au 25 avril 2019, le cyclone Kenneth, classé « cyclone tropical intense », a frappé les Comores.

Le COSEP (Centre des Opérations de Secours et de la Protection Civile) craignait une insuffisance alimentaire dans un archipel où plus de 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Selon les estimations, près de 80 % des plantations agricoles auraient été détruites, principalement les cultures de bananiers et de manioc.
Dans une situation d’urgence comme celle-ci, comment permettre aux familles vulnérables d’avoir rapidement une nouvelle source d’alimentation ? Comment relancer la production agricole à Anjouan ? C’était là tout l’enjeu auquel Dahari a répondu en lançant le programme « Relance de la production alimentaire à Anjouan après le passage du cyclone Kenneth » soutenu par le Département de la Réunion et l’Union Européenne.

Carte avec les nouveaux villages d’intervention de Dahari

Dans le cadre de ce projet, 1 844 producteurs dont 40 % de femmes ont pu bénéficier de l’accompagnement de Dahari, répartis en 25 villages d’intervention. Cet élargissement des zones ciblées a pu se faire grâce à une étroite collaboration avec le Croissant Rouge.

Une première réunion de concertation avait été organisée afin d’identifier les villages les plus touchés de l’île. Comme on peut le constater sur cette carte, Dahari a intégré 15 nouveaux villages dans lesquels le Croissant-Rouge intervenait déjà avant le passage du cyclone. Puis, l’implication des leaders d’opinions et des personnes ressources des villages ainsi que des visites terrain sur place ont permis d’affiner la sélection des zones agricoles les plus touchées à l’intérieur même des villages.

Il fallait également identifier et sélectionner les personnes les plus vulnérables dans ces zones. Suite aux réunions d’échanges et au diagnostic effectué, une liste de critères a été établie (par exemple, avoir perdu au moins 30 pieds de bananier ou 50 % de son champ de manioc ou encore avoir moins de trois parcelles agricoles…) et a permis d’identifier les futurs bénéficiaires.

La première phase du projet, mise en œuvre de juillet à septembre, consistait à distribuer des semences d’urgence à cycle court (petsaï, carotte, brède mafana ou encore ambérique) afin d’approvisionner rapidement les familles en nourriture. Des formations sur les techniques de plantation et sur l’entretien des cultures ont été délivrées au préalable par les techniciens de Dahari et les volontaires du Croissant-Rouge Comorien formés par Dahari.

Monsieur Kasimoumadi, originaire du village de Chaweni – Enseignant au collège, engagé dans les associations communautaires et animateur villageois du FADC :

« J’avais trois parcelles dans le village, j’avais planté des bananiers et des girofliers mais tout était dévasté par Kenneth. Après le cyclone, des agents de Dahari et du Croissant-Rouge sont venus nous former et nous donner des semences de différents légumes. Ensuite, chaque membre du groupe a pu faire son jardin dans sa petite parcelle et on a pu avoir de bons rendements. C’était bénéfique pour tous les agriculteurs ».

Monsieur Kasimoumadi

Après les semences maraichères, les bénéficiaires ont aussi été accompagnés pour la relance des cultures vivrières, d’octobre 2019 à janvier 2020. Cet appui a mis l’accent sur la participation et la contribution des bénéficiaires à la réalisation des activités de multiplication. A la fin de la période du projet, 30 633 semences vivrières dont 5 243 plantules de bananier produites dans les 67 germoirs installés, 10 170 bouture de manioc et 15 220 boutures de patate douce ont été récoltées, partagées et plantées par les 1 160 bénéficiaires (dont 52 % de femmes) organisés en groupes de production de semences vivrières.

Nadjaria Toiyibina, bénéficiaire du groupe de Mirontsy :

« Chaque groupe a environ 15 membres. Nous avons reçu des formations pour chercher les souches de bananier, les préparer, les décortiquer… C’est nous qui devions aller chercher quelques souches et Dahari nous en a données aussi. On a fait après un germoir, dans chaque groupe. Et Dieu merci, on a la chance que les plants aient bien poussé, on est fiers de ces résultats car on voit beaucoup de bananiers prêts à être plantés. Nous pouvons maintenant enseigner à d’autres agriculteurs comment multiplier les souches de bananiers ».

Les bénéficiaires

Bien que ce projet ait été la première action d’urgence menée par Dahari, le niveau de réalisation des résultats témoigne de l’efficacité des choix opérationnels effectués. Dès le début de la mise en œuvre du projet, Dahari a souhaité avancer de concert avec les communautés locales et d’autres institutions comme le Croissant-Rouge. Que ce soit au cours du processus de ciblage, du choix des semences ou encore du suivi, la collaboration rapprochée avec les leaders villageois, les comités ou encore les bénéficiaires directs a permis de proposer des actions pertinentes répondant aux besoins réels des villageois et à l’urgence de la situation. Nous remercions vivement tous nos partenaires pour cette intervention réussie.

Abdouthamid Aboubacar, chargé de la planification, suivi évaluation au niveau du Croissant-Rouge à Anjouan :

« Avec Dahari, on a des objectifs similaires notamment améliorer la vie des communautés locales comoriennes.
Ensemble, on s’est retrouvés pour faire face à la situation après le passage du cyclone Kenneth.
C’était une collaboration très fructueuse. Les agents du Croissant Rouge ont apprécié de travailler avec les équipes de Dahari et je pense que nos agents ont fait du bon travail avec les bénéficiaires.
Le Croissant Rouge a l’habitude de travailler en partenariat avec d’autres structures, mais avec Dahari, c’était la première fois et j’espère que ça perdurera ».

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