Expansion des activités de Dahari à Mohéli

 

 

Forte de son expérience à Anjouan, Dahari a commencé à élargir progressivement ses activités sur le plan national en 2018 avec, notamment, la mise en place de projets agricoles sur la Grande Comore. Pour l’année 2020, c’est sur l’île de Mohéli que l’ONG développera de nouvelles actions, dans les domaines de l’agriculture et de la recherche sur l’écologie.

 

 

 

 


*Des problématiques environnementales et agricoles différentes

Les problématiques environnementales et agricoles rencontrées à Mohéli ne sont pas les mêmes que celles d’Anjouan. La situation à Anjouan est plus critique : plus forte densité de population, niveau de pauvreté plus élevé, entraînant d’importantes pressions sur les ressources naturelles. L’île de Mohéli étant quant à elle moins peuplée, les besoins en terres agricoles et en ressources naturelles ne sont pas les mêmes qu’à Anjouan.

Plantation de bananiers (photo du haut) et arbres récemment abattus (photo en bas)
trouvés près du dortoir de Mlédjélé au milieu de la forêt à Mohéli.

Toutefois, la situation risque de se détériorer au fil des années à Mohéli. En effet, l’équipe de Dahari a pu observer de nombreuses zones de forêts défrichées au profit de cultures agricoles et de rentes (girofliers par exemple). La multiplication des unités de distillation d’Ylang pourrait aussi contribuer à un fort déboisement si des mesures de gestion des ressources naturelles ne sont pas mises en œuvre.

*Deux équipes de Dahari en mission à Mohéli

– Du 18 au 20 novembre, Misbahou Mohamed, Directeur technique de Dahari et Hugh Doulton, conseiller stratégique, se sont rendus à Nioumachoua à Mohéli. Des réunions étaient organisées entre Dahari et les responsables du Parc National, la Direction de l’Agriculture et de l’Environnement, le représentant du Gouvernorat, l’ONG 2-mains et des associations communautaires. Les objectifs de ces rencontres étaient de faire connaître les activités de Dahari aux acteurs institutionnels de Mohéli, de comprendre les actions menées par le Parc National de Mohéli et d’identifier les axes de collaboration à venir.

– Du 18 au 25 novembre, une partie de l’équipe écologie de Dahari s’est rendue à Mohéli afin d’estimer la taille de la population des Livingstone (Pteropus livingstonii) présentes sur cette île. Cette enquête, réalisée à la fin de la saison sèche en collaboration avec le Parc National, a permis de recenser 170 individus enregistrés sur quatre dortoirs différents. Ce faible nombre peut s’expliquer par des fluctuations saisonnières, la dispersion due aux effets du cyclone ou encore l’omission d’autres dortoirs. De plus, cette estimation des Livingstone peut également indiquer une baisse réelle de la taille de la population résidente à Mohéli, en raison des pressions liées aux activités humaines sur l’habitat et de la diminution des ressources. Les informations obtenues grâce à ce comptage vont contribuer aux stratégies de conservation de ces chauves-souris.

*Une collaboration importante avec le Parc National de Mohéli

Les activités de Dahari à Mohéli ne pouvaient pas se faire sans une collaboration étroite avec le Parc National de Mohéli, acteur incontournable de l’île. Plusieurs visites d’échanges se sont déroulées depuis 2018, entre les équipes du Parc et celles de Dahari : formation sur les techniques de comptage des chauves-souris Livingstone, visites d’échanges sur les techniques de suivi de pêche, etc… Pour l’élargissement des activités de Dahari à Mohéli, l’ONG et le Parc National souhaiteraient développer des actions communes en mettant à profit leurs compétences respectives.

*Les perspectives pour 2020

Concernant le domaine agricole, Dahari envisage de faire un diagnostic des zones cibles afin de mettre en œuvre des activités d’accompagnement agricoles et de renforcement des capacités des associations et groupements agricoles locaux, en collaboration avec les techniciens du Parc National.

Pour l’écologie, des activités de recherche et de suivi sur la chauve-souris de Livingstone seront également mises en place.

Enfin, des visites d’échange s’organiseront entre les pêcheurs locaux et ceux appuyés par Dahari à Anjouan, dans le cadre des activités de gestion des ressources marines.

Photo de Carlos De La Cruz

Pas de commentaire.

Ajouter un commentaire