Campagne de reboisement 2019 : Près de trois mille quatre cent plants mis en terre dans les bassins versants de la forêt de Moya

C’est la quatrième année consécutive que Dahari met en place un programme de reboisement. Cette année, le lancement a eu lieu au collège rural d’Adda dans le Nyumakele, le samedi 2 février 2019 en présence de plus de 300 personnes dont une majorité d’élèves. Le commissaire et la directrice en charge de l’environnement n’ont pas manqué cette occasion et ont été accueillis par les autorités locales, notamment la maire d’Adda.

Financé par Critical Ecosystem Partnership Fund et Darwin Initiative, l’objectif de cette campagne est de protéger les sources d’eau et les rivières pour répondre aux besoins des populations et leur permettre de vivre sereinement. Le programme de reboisement de l’ONG Dahari concerne non seulement le bassin versant d’Adda mais aussi ceux de Lingoni, Outsa et Ouzini. L’événement constitue une occasion pour les participants de sensibiliser les communautés sur les enjeux de la déforestation et du changement climatique. Reboiser la forêt de Moya permettra également de protéger et restaurer le sol par rapport à l’érosion.

Dahari, depuis quatre ans, doit la réussite de ce programme aux membres des comités de gestion d’eau mis en place dans les villages précités et qui travaillent ensemble en étroite collaboration avec l’ONG. Ce sont les membres des comités qui font la collecte et/ou multiplication des semences, l’installation et la gestion des pépinières. Ils sont aussi en charge de la distribution des plants aux agriculteurs dans les sous bassins versants ciblés… Toutefois, le travail de Dahari ne s’arrête pas là. Toujours en collaboration avec les membres des comités et les agriculteurs, l’ONG assure le suivi des plants en se rendant sur place tous les 6 mois pour se rendre compte de leur évolution. Une observation et un comptage direct qui amènent l’ONG à constater les arbres qui ont pris ou non afin de suivre le taux de survie et les difficultés auxquelles les agriculteurs font face sur la plantation et l’entretien des arbres dans leurs parcelles. Les informations recueillies dans le cadre de ces suivis nous permettent d’améliorer les prochaines campagnes. Dans ce travail, Dahari met l’accent sur la plantation d’arbres endémiques pour régénérer la forêt. Toutefois, le programme consiste aussi à replanter des arbres à croissance rapide pour servir de bois de chauffe, d’œuvre ou de fourrage pour les animaux. La préparation de ces plants demeure un travail très délicat, mais Dahari avec ses partenaires, notamment l’ICRAF et Darwin, renforcent les capacités des membres des comités en leur donnant les équipements et les formations nécessaires pour la mise en place des pépinières et leur entretien.

Au cours de la cérémonie de lancement de cette campagne, les intervenants ont saisi l’opportunité pour passer des messages de sensibilisation. A l’occasion, ils ont lancé un appel à l’assistance et aux autorités comoriennes pour que chacun assume sa part de responsabilité afin d’œuvrer ensemble en vue de protéger et de restaurer nos forêts.

Les autorités de la commune n’ont pas manqué de mettre l’accent sur les différentes actions menées par l’ONG Dahari dans la localité et dont les résultats sont remarquables. « Walezi wakwelu wa imani » autrement dit : ‘’de vrais éducateurs avec plein d’humanité’’, ce sont en ces termes que madame Echati Mouhoussoune, maire d’Adda, a qualifié Dahari et marqué sa reconnaissance du fait que l’ONG ait choisi sa commune pour le lancement de cette campagne mais aussi pour toutes les autres actions menées dans la région. Des activités qui, selon elle, ont apporté un changement fructueux et vital, avec beaucoup d’espoir pour l’avenir, a-t-elle précisé. S’adressant à la population, la maire a demandé à ses frères et sœurs de se réveiller car il est temps d’agir en toute responsabilité.

Le commissaire en charge de la production, de l’environnement et de l’énergie, monsieur Abdou Amdjad a rappelé l’objectif des opérations de reboisement qui sont entre autres la protection des ressources en eau, la lutte contre la déforestation massive et l’érosion, la conservation des zones importantes pour la biodiversité, notamment la protection des dortoirs de chauves-souris de Livingstone. Le commissaire a demandé aux bénéficiaires des plants de se mobiliser pour le suivi et leur entretien pour une action durable sur notre biodiversité. Il a également saisi l’opportunité pour sensibiliser les jeunes élèves autour du collège pour qu’ils sachent que l’environnement est une affaire de tous et qu’ils doivent se sentir aussi concernés. Monsieur Amdjad a rappelé que la chauve-souris de Livingstone n’existe qu’à Anjouan et Mohéli, une opportunité touristique pour le pays.

La cérémonie a été clôturée par la plantation symbolique de deux plants par le commissaire et la directrice en charge de l’environnement, une action réalisée dans la cour du collège rural d’Adda, donnant ainsi un signal d’engagement à la nouvelle génération sur la conservation de la biodiversité de l’île d’Anjouan.

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