A la découverte avec Dahari de l’évolution du centre de Pagé

Situé dans le quartier de Bwedza à Pagé, Mutsamudu, le site de démonstration mis en place par l’ONG Dahari en 2011 est le fruit du projet ECDD (Engagement communautaire pour le développement durable). C’est une parcelle de 1,5 ha située au pied de la montagne Bandrankoa (au sud-ouest). La moitié de sa superficie est implantée sur la pente de la montagne avec une présence remarquable des agrégats de roches. Ainsi, la morphologie du site de Pagé s’avère similaire à la réalité des parcelles agricoles des producteurs et productrices de l’île d’Anjouan.

L’objectif de départ de la mise en place du centre de Pagé était de présenter les technologies agricoles innovantes et durables, mais aussi de tester et de multiplier des semences des variétés locales menacées ou de variétés améliorées avant leur vulgarisation dans les villages d’intervention. Il s’agit de technologies comme le système de couverture du sol, l’intégration élevage-agriculture, la production de compost et de lombri-compost, la production d’engrais liquide biologique, l’agroforesterie, la lutte intégrée, la démonstration de l’irrigation goute à goute, etc.

Pour ce qui concerne la multiplication de semences, Dahari a installé des parcelles de production de matériel végétal de qualité nécessaire pour la multiplication rapide et des collections de différentes variétés améliorées ou menacées d’extinction sont mises en place à des fins de conservation. Sont concernés les bananiers par la méthode PIF (plant issu de fragment de tige), des semences de légumineuses, de taro et d’igname, des boutures et des éclats de fourrage (pennisetum, brachiarias, etc.), la production d’arbres indigènes et fruitiers…

Ainsi, le centre à Pagé permet de distinguer, d’apprécier, de conserver et de multiplier les meilleures variétés à promouvoir dans le contexte comorien. Au total, 1017 semences de bananier, 80 boutures de manioc, 785 semences de taro, 6580 boutures de patate douce, 2800 boutures de pennisetum, 5110 éclats de brachiarias, etc. ont été produits et distribués à près de 2400 producteurs de 15 villages entre 2016 et 2017.

Le succès de ces activités, les appréciations et les suggestions des visiteurs et des experts des institutions partenaires ont amené Dahari à relever le niveau des objectifs du centre de Pagé. Désormais, le site a pour ambition de devenir un centre pédagogique de référence en agro-écologie. Pour ce faire, un plan d’action de trois ans a été élaboré. Il comprend notamment l’aménagement spatial du site et la mise en place d’ateliers de formation de producteurs et de techniciens sur différentes technologies agroécologiques. Des sessions de formation simples et pratiques seront également adaptées à des personnes non spécialisées en agriculture (particuliers, citadins ou non, adultes et étudiants) pour faciliter « l’apprentissage pour tous » de techniques agro-écologiques respectueuses de l’environnement. Elles ont déjà commencé dans le   cadre de notre offre écotouristique estivale.

Pour être à la hauteur de cette ambition, la qualité des ressources humaines devient la condition essentielle. L’équipe de gestion quotidienne composée d’un technicien supérieur, de deux ouvriers et d’un gardien est régulièrement appuyée par les cadres de Dahari. Les actions de renforcement des capacités de cette équipe sont assurées par les partenaires comme le CIRAD – (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement de la Réunion) ou l’ICRAF (le Centre mondial d’agroforesterie) entre autres.

Les appuis formatifs offerts par le centre de Pagé sont ouverts à tout acteur de développement durable en général et d’agro-écologie en particulier. Les personnes motivées aux Comores ou ailleurs sont invitées à venir au siège de Dahari, sise à Hombo,  pour s’inscrire afin d’être orientées par la suite vers le centre de Pagé pour y apprécier les activités et engager des échanges. Deux formations destinées au grand public y sont déjà programmées en août et septembre sur les thèmes : « conserver la fertilité d’une parcelle » et « techniques de production biologiques ».

 

 

 

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