La réponse Dahari aux pesticides

L’utilisation des pesticides en agriculture ne nous rajeunit pas puisqu’elle remonte à l’antiquité. Le soufre, l’arsenic et également le tabac ont été les premiers à servir cette lutte contre les maladies et les ravageurs.
Depuis, les pesticides ont évolué allant du naturel aux produits chimiques mais ont surtout connu un très fort développement, la preuve par les chiffres : de 1945 à 1985, la consommation de pesticides a doublé tous les dix ans.
La mauvaise application des pesticides, leur stockage sans précaution et les rejets de résidus sont responsables d’une contamination importante.
Une grande partie des pesticides est dispersée dans l’air. Une fois arrosés sur la plante, le vent les amène et les repose sur d’autres plantes. Parfois même, ce sont les pluies qui les traînent jusque dans les milieux aquatiques. Tous les écosystèmes sont ainsi touchés et mis en danger.

Le rôle des techniciens est donc de sensibiliser les producteurs de nos villages d’intervention en leur montrant qu’il existe des alternatives efficaces et en leur expliquant comment les utiliser si la situation le contraint.

L’APPROCHE DAHARI SE FONDE SUR 4 PILIERS

1. La préparation des terres et des cultures

Pour Dahari, il convient avant tout de bien expliquer comment nourrir le sol, bien arroser, bien aérer ses cultures pour éviter d’avoir des attaques. Comme pour l’homme, une plante bien nourrie, bien entretenue est plus résistante aux maladies et aux attaques extérieures.
C’est donc le travail de nos techniciens au quotidien : apprendre les bonnes pratiques agricoles aux producteurs de l’île et les conseiller le plus justement, en prenant en compte la composante environnementale et la composante économique (leurs rendements).

2. La Complémentarité nutritionnelle et l’analyse de son environnement : les plantes protègent les plantes

Savoir analyser son environnement et le comprendre est essentiel. L’équilibre écologique doit être maintenu pour avoir un contexte productif sain.

Il convient d’avoir une stratégie pour savoir comment et quand planter, comment organiser ses cultures parce qu’on ne le fait pas n’importe comment. Planifier sa production est donc une étape primordiale et l’association/rotation de cultures en fait partie. Au CRDE par exemple, Inzou – technicien Dahari – a associé l’oignon avec la carotte et la laitue, une bonne manière de lutter naturellement contre les parasites.

Il existe beaucoup d’autres techniques permettant ainsi de minimiser l’utilisation des produits chimiques. Pour bien associer les plantes, quelques principes sont à connaître :

– Les Apiacées se protègent réciproquement.

– Les Légumineuses enrichissent le sol en azote. Les associer et/ou les intégrer à la rotation avec des plantes exigeantes en fertilité comme la tomate ou le mais est conseillé.

Analyser son environnement c’est aussi savoir quels sont les insectes utiles et comprendre que les pesticides utilisés à outrance peuvent les tuer et donc déséquilibrer l’écosystème. C’est aussi comprendre que chaque production a ses spécificités et que le traitement doit être ainsi adapté.

3. Le traitement des attaques avec des insecticides naturels

Insecticide naturel

Le saviez-vous ? Un mélange piment-savon est une solution simple et naturelle pour protéger les cultures.

4. L’utilisation raisonnée des pesticides

On ne peut interdire ni être présent au quotidien derrière chaque agriculteur, il convient donc d’informer et d’expliquer quels sont les risques, pourquoi et comment les éviter.

Le dosage (appliquer la dose correcte en utilisant un pulvérisateur et non une bouteille en plastique), la protection (gants, manches longues, hygiène), le choix des produits (quel produit pour quel(s) insecte(s) / où acheter ?), le bon dosage en fonction du dégrée de l’attaque et le stockage des pesticides (en hauteur et bien étiquetés) sont des thèmes fixés par Dahari en matière de sensibilisation.

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