Expérience : Quelle variété de tomate est la plus adaptée à Anjouan ?

Grégoire Bianchetti est étudiant en biologie à l’Université d’Angers. Il a choisi Dahari pour son stage de fin d’année. Sa mission principale : monter une expérience de screening variétal, pour identifier les variétés les mieux adaptées aux besoins des producteurs.

 

La tomate, première production maraichère des Comores

Sur l’île d’Anjouan, la tomate est cultivée tout au long de l’année. La récolte a lieu deux à trois mois après la plantation, ce qui en fait une culture maraichère facile à mettre en place en complément des cultures vivrières. La période où on trouve le plus de tomates sur le marché est de mai à août. Elle se vend de 200 à 500 francs le kilo. En saison sèche, elle est moins cultivée et donc plus chère. Son prix peut monter jusqu’à plus de 1000 francs le kilo.

Les cultures de tomates sont menacées principalement par les mouches, les limaces, les virus et les bactéries. Les producteurs anjouanais plantent majoritairement des tomates des variétés Mongal pour les parcelles de faible altitude et Floradae pour celles de haute altitude. L’expérience réalisée par Grégoire pendant son stage vise à tester quatre nouvelles variétés de tomates, pour comparer leur résistance aux diverses menaces et leur adaptation au climat anjouanais.

 

Quatre variétés de tomates : cobra, kiara, mongal et rodéoL’expérience de screening variétal

L’expérience a été mise en place par Dahari, d’après une recommandation du CIRAD. L’expérience a été conduite sur une parcelle du centre régional de développement économique (CRDE) de Salamani. Trois personnes ont travaillé pour la réalisation technique du screening variétal : Grégoire, mais aussi le responsable du site Inzou Ali et l’ouvrier du CRDE Hachim Saïd Ali. Sur une parcelle de 75m2 à forte humidité et ombrage partiel, ils ont planté 200 plants de tomates, de quatre variétés différentes : une variété locale (Mongal) et trois variétés importées (Kiara, Cobra, Rodéo). Les pieds de tomate ont été plantés la semaine du 15 avril, et ont évolué dans les mêmes conditions : un apport de fumier avant la plantation, et pas de pesticides ni de fertilisants. Les données sur leur développement ont été collectées une fois par semaine jusqu’à la semaine du 8 juin. Les critères suivis pendant l’expérience sont : la productivité,  la résistance aux maladies, la saveur (test de goût a posteriori), et  la  résistance au transport.

 

Les résultats de l’expérience

Parmi les quatre variétés testées au cours de ce screening variétal, Grégoire souligne le bon développement de la variété Cobra, qui est apparue au cours des semaines comme la plus adaptée aux conditions de la parcelle du CRDE. C’est cette variété qui a le mieux résisté aux attaques des bio-agresseurs, qui a eu le développement le plus rapide avec des plantes vigoureuses, fournies et en bonne santé.

Grégoire déconseille avec certitude l’utilisation de la variété Rodéo pour les parcelles semblables à celle du CRDE, de basse altitude. Les plantes ne sont pas du tout résistantes aux maladies et parasites, les fleurs apparaissent tardivement et les plants sont chétifs. La variété Rodéo n’arrive pas à se développer correctement sous de telles altitudes.

Enfin, les variétés Mongal et Kiara ont présenté tout au long de l’expérience un développement, une croissance et un état phytosanitaire relativement semblables. Sur les dernières semaines de l’essai la variété Mongal a très légèrement dépassé la variété Kiara.

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Tableau récapitulatif des résultats de l’expérience à la fin de la 5e semaine

 

 

04 gregoireLes recommandations de Grégoire

« Il relativement tôt pour répondre à la problématique de départ qui était de recommander une variété aux producteurs parmi les quatre variétés testées. A la fin de mon stage, je n’ai pas pu tester la fermeté et le goût des fruits, car certaines variétés n’avaient toujours pas donné de fruits.

Ainsi, si un producteur me questionnait sur le choix à faire parmi ces quatre variétés pour une parcelle de basse altitude, je lui déconseillerai assurément d’utiliser la variété Rodéo. Je lui proposerai ensuite de cultiver la plus grande partie de sa parcelle avec des plants Mongal, déjà éprouvés aux Comores, afin d’assurer une production de tomates.

Enfin, sur une petite parcelle dans un premier temps, je lui proposerai de cultiver la variété Cobra qui semble prometteuse. »

2 réponses

  1. J'ai aimait votre recherche car le votre ressemble à celui que je suis entrée de faire ici chez nous en République Démocratique du Congo
    • Bonjour David. Merci pour votre commentaire. Est-ce que les résultats de votre expérience ont été concluants?

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