Dahari bénéficie des expériences de développement rural à Mohéli

Membre et conseiller agricole de Dahari, Houmadi Houssen est venu en mission  à  Anjouan du 27 au 31 octobre dernier. Cette visite a permis à l’équipe de Dahari d’échanger avec l’agronome. Houmadi Houssen s’est déplacé dans les sites de démonstration et dans les villages d’intervention de Dahari. Sur place, il a répondu aux questions des agriculteurs appuyés par Dahari et leur a donné des conseils pour l’entretien de leurs cultures.

Houmadi Houssen est originaire de l’île d’Anjouan. Il a grandi à Ouani. Il a fait ses études d’agronomie à l’université de Ouagadougou, Burkina Faso. Depuis l’obtention de son diplôme d’ingénieur en développement rural en 1985, il a mené une belle carrière. Dans le cadre de son premier poste, à M’rémani, il a participé à la vulgarisation de l’embocagement par un système dit « banque de boutures ». Inspiré par un paysan, il a également diffusé la technique de courbes de niveau en banquette type Nioumakélé. Depuis 1993, il travaille sur l’île de Mohéli, d’abord au sein de l’école d’agriculture, puis avec différents projets. Actuellement, il a terminé sa mission en tant que chef d’équipe du projet PNDHD, qui s’est achevé en juin 2014. Houmadi Houssen a profité de cette disponibilité pour visiter les activités de Dahari. En tant que membre et conseiller, il s’est dit « prêt à servir notre ONG ». Ses expériences professionnelles et ses connaissances du milieu agricole du pays, et plus particulièrement d’Anjouan, sont des atouts dont l’équipe de Dahari et les paysans appuyés ont pu bénéficier.

Pagé, multiplication du manioc avec les techniciens

Multiplication du manioc avec les techniciens, Pagé

Pour sa première sortie terrain, Houmadi Houssen s’est rendu au site de Pagé. Ce site est très important pour Dahari. Avec une superficie de 3.5 ha, le site de Pagé est devenu depuis 2008, une parcelle d’innovations et de démonstrations. C’est le lieu où se déroulent les formations agricoles internes. La visite de Houmadi Houssen dans ce site a coïncidé avec une multiplication des cultures vivrières. Une occasion rare pour les techniciens de profiter des connaissances de l’ingénieur. Ce dernier a insisté sur l’importance de multiplier les cultures vivrières, et a encouragé l’ONG à placer des germoirs dans chaque village. A Pagé, il a participé à la séance de multiplication du manioc et a donné plusieurs conseils aux techniciens. Il est revenu sur l’entretien de cette culture en soulignant l’importance de faire attention aux différentes maladies et parasites qui peuvent la perturber. Pour prévenir cela, il a encouragé l’utilisation des engrais naturels provenant du compostage par exemple. Des techniques que les techniciens agricoles de Dahari recommandent aux paysans.

Echange avec les vulgarisateurs de la zone sud

Echange sur la gestion de l’eau dans les parcs à boeuf, Zone Sud

Dans les villages d’intervention, Houmadi Houssen s’est principalement intéressé à l’aménagement des parcelles et aux questions de gestion de l’eau. Cela explique sa visite au périmètre irrigué de Adda. Il a observé le captage d’eau, la citerne, et le réseau de distribution. Le comité de gestion du périmètre a prêté attention à ses conseils. Notamment en ce qui concerne  le réseau d’eau en aval de la citerne, qui selon lui peut être étendu de part et d’autre en suivant les courbes de niveau. Dans la foulée, il a conseillé à ce comité de recenser tous les agriculteurs de la zone du périmètre et de discuter avec eux  sur l’opportunité de faire des aménagements dans leurs parcelles. Selon l’agronome, les embocagements des parcelles doivent être renforcés avec des débris végétaux ou des plantes fourragères pour colmater les brèches. Et pour améliorer l’infiltration et réduire le ruissellement de l’eau, il conseille de planter des arbres fruitiers en amont, tels que des avocatiers ou des litchis. Ce type d’aménagement réduit le ruissellement et l’érosion et augmente la disponibilité d’eau  pour l’irrigation et les parcs à bœuf.

En somme, l’agronome s’est dit « satisfait » de son séjour à Anjouan. L’expérience de Houmadi Houssen a pleinement profité aux techniciens agricoles de Dahari. Il est parti en laissant à l’ONG une longue liste de recommandations. En attendant sa prochaine visite, Houmadi Houssen espère que ses conseils seront entendus et appliqués.

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