Les sorties terrain, facteurs d’intégration

L’arrivée de Mohamed M’boiboi Kaembi chez Dahari comme agent de communication date de deux mois. Son travail est de faire connaitre l’ONG et ses activités au niveau local, national et international afin d’attirer plus de bénéficiaires, supporteurs et partenaires. Pour la communication locale, il se rend dans les villages d’intervention de l’ONG. C’est l’occasion de découvrir l’île d’Anjouan mais surtout de compléter sa formation. De Adda à Ngandzalé, en passant par Pomoni et Outsa, ces visites lui ont permis de connaitre ses collègues qui travaillent sur place comme techniciens agricoles et de mieux comprendre la mission de l’ONG.

 

“Pour ma première sortie, j’étais à Adda lors de la journée ouverte sur le jardin scolaire. Le jardin scolaire est un concept de la Food and Agriculture Organisation. Il s’agit d’apprendre aux élèves, dès leur bas âge, des techniques agricoles tout en générant des revenus pour la gestion de l’école. Avec un financement de l’Union Européenne, Dahari a mis en place des jardins scolaires dans trois villages de sa zone d’intervention : Adda, Outsa et Ouzini. A Adda, des élèves de CM2 ont présenté des techniques agricoles devant ma caméra. Ils expliquaient tout ce qu’ils ont fait pour avoir un si beau jardin. Ils ont récolté les premières salades et se préparaient à cueillir les premiers choux, oignons et tomates. Travailler dans le jardin scolaire a apporté de réelles connaissances aux enfants. Des parents présents à la cérémonie ont même affirmé avoir reçu des conseils de leurs enfants sur les nouvelles techniques agricoles.

Rejoindre l’ONG Dahari, quel que soit le poste qu’on occupe, c’est retrouver une seconde famille. Des paysans appuyés par l’ONG en passant par les techniciens agricoles qui les forment aux employés du bureau jusqu’aux différent bailleurs et partenaires, l’ONG forme une famille. Et cette famille renforce ses liens lors des sorties de terrain.

SCV, MoyaC’est lors de ma deuxième sortie de terrain que j’ai découvert cette famille. Je suis allé à Pomoni, dans la zone Sud. Les collègues et moi sommes arrivés sur place la veille de la formation. Passer du temps ensemble renforce les liens entre nous et crée un climat de confiance. Aussi passer la nuit dans les villages d’intervention nous rapproche des populations avec lesquelles nous travaillons. Ma visite dans la zone Sud a commencé dans la forêt de Moya. L’objet de cette sortie était une formation d’équipe sur les techniques de semis direct sous couverture végétale (SCV), dispensée par le chargé de développement rural de l’ONG, Badroudine Ali. Dans la parcelle de démonstration, les techniciens ont planté du maïs et du niébé en appliquant les techniques de SCV. Quant à moi, j’ai compris que travailler pour Dahari signifiait d’être en apprentissage constant afin de pouvoir former les paysans correctement. Après la formation, nous avons dîné tous ensemble. Les repas sont un bon moyen pour souder l’équipe.

Quelques semaines plus tard, j’ai assisté à une journée ouverte sur le compostage au CRDE de Ngandzalé. Une centaine de personnes étaient présentes : les paysans appuyés par l’ONG mais aussi de simples curieux. Après avoir suivi attentivement les techniques du compostage, ils ont soulevé plusieurs problèmes, notamment celui de l’eau. Les paysans ont pu partager leur avis avec la coordinatrice de terrain, Brunilda Rafael. Ces journées ouvertes sont aussi l’occasion pour les gens d’échanger entre eux, de partager des expériences ou tout simplement de dire ce qu’ils pensent sur les activités.

 

recolte pomme de terre, outsaMa dernière visite, je l’ai faite à Outsa. Pour m’y rendre, j’ai du passer par Adda. Le village même enclavé essaie de mener un quotidien semblable aux autres de l’île. Kaïs, le technicien agricole sur place, regroupe les gens à l’aide d’un mégaphone. Les parcelles de démonstration se trouvent éloignées du village. Pourtant chaque jour, les villageois fournissent des efforts pour y aller. Je dois dire que j’adresse aux paysans toute mon admiration. Kaïs m’a confié que depuis l’arrivée de Dahari dans le village, les champs écoles paysans et les journées ouvertes sont devenus les premiers évènements à réunir beaucoup de gens. Les activités de l’ONG aident énormément cette population qui vit exclusivement de l’agriculture. Et même si le village est situé si loin, Kaïs ne semble pas fatigué d’y travailler car les gens apprécient et suivent les activités de l’ONG.

Devenir agent de communication de Dahari se distingue de ce que j’ai eu à faire auparavant comme journaliste. Pour ma formation, aller sur le terrain me permet de suivre les activités de l’ONG et de savoir ce que pensent tous ceux qui travaillent avec l’ONG. Loin du bureau, la mission de l’ONG prend tout son sens : Accompagner les communautés locales dans le développement agricole et la gestion durable des ressources naturelles, au profit de l’Homme et de la biodiversité”.

 

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