2013 : Les résultats concrets de Dahari sur le terrain

Notre équipe terrainPendant sa première année d’existence, l’ONG Dahari a pu réaliser de nombreuses actions d’appui aux producteurs Anjouanais en parallèle des efforts de développement institutionnel, de son intégration dans le paysage Comorien et de sa sécurisation financière. Pour cela, une équipe de 6 techniciens logés dans ses villages d’intervention a été mobilisée à 80% de leur temps dans les champs. Ces techniciens ont pu soutenir au total plus de 1.800 personnes – soit près de 400 producteurs et bénéficiaires directs, et leurs familles.

Les premiers résultats remarquables concernent la culture de pomme de terre en saison normale et en contre saison, avec 19 parcelles de démonstration sur quatre villages, développées en partenariat avec les producteurs les plus dynamiques pour démontrer les techniques de production améliorées comme l’irrigation goutte à goutte, la production de compost, la fertilisation localisée et le buttage. Ces parcelles de démonstration ont été les centres d’apprentissage à travers les Champs Ecoles Paysans qui y ont été mené.

Un producteur de pomme de terre à MoyaLes 147 bénéficiaires inscrits ont non seulement profité des semences de pomme de terre de qualité grâce à notre partenariat CIRAD/FNAC-FA, mais ont pu renforcer leurs compétences à travers un cycle de cinq sessions de Champs Ecoles Paysans, soit un total de 40 formations sur la saison normale et la contre saison. Sur base des données relevées, nous pouvons estimer avoir produit 37.5 tonnes de pomme de terre à partir de 7.5 tonnes de semences distribué, générant un revenu estimé à 102 000 KMF par bénéficiaire. Nous remercions l’Ambassade de Suisse à Madagascar, pour le financement de la campagne pomme de terre (saison normale et contre saison) et l’Ambassade Britannique à Maurice pour son financement de la campagne de pomme de terre (contre saison). En parallèle, nous avons appuyé la campagne de maraichage avec la livraison de 7500g de semence de qualité. Avec la même méthodologie (présentée ci-dessus), nous avons pu appuyer la mise en place de 19 parcelles de démonstration, et non seulement fournir aux de 251 producteurs les semences nécessaire mais également renforcer leur compétences à travers des modules de six sessions de champs écoles paysans sur neuf villages, au total 60 formations sur l’année. Nous remercions l’Ambassade de Suisse à Madagascar et le Programme Franco Comorien de Co-développement (PFCC – contre saison seulement) pour leur soutien aux campagne maraîchages de 2013.

Champs école Paysan Malgré quelques difficultés de mobilisation, nous considérons le taux de participation de 48% des agriculteurs, le décompte fait à partir des personnes qui ont suivi plus de 80% des sessions, ce que nous considérons comme une réussite. Sachant que nous n’avons dépensé aucun per diem puisque les producteurs sont venus par leur propre moyen et leur seule volonté. L’ONG a également appuyé 6 entrepreneurs dans l’ouverture de boutiques d’intrants agricoles de proximité. Ces entrepreneurs ont tous reçu des stocks de départ et trois formations techniques sur l’utilisation raisonnées des produits phytosanitaires (afin de pouvoir fournir des conseils de qualité gratuits lors des ventes de produits). Cinq boutiques vont continuer leur activité en 2014 (la dernière boutique ayant abandonné), malgré des ventes encore insuffisantes en 2013 : forts de nos essais, et des optimisations à apporter, nous espérons les rendre commercialement intéressantes en 2014. Ces boutiques ont été développées grâce au soutien du PFCC. Par ailleurs, nous avons aussi réalisé des campagnes d’emboccagement, où nous avons continué à développer l’approche de roulement de boutures de gliricidia gérées par les comités villageois. Cette année, nous l’avons conduite dans un seul village pilote, où nous avons pu emboccager 12 parcelles. Néanmoins, il a été démontré que le roulement de boutures peut être une alternative locale aux projets d’emboccagement coûteux qui peut être entièrement portée par les communautés locales et qui ne coûte rien. Enfin, nous avons contribué à améliorer la compréhension de l’importance de l’intégration agriculture-élevage auprès de plus de 300 villageois, en conduisant 12 parcelles de démonstration de parcs à bœufs avec gestion de fourrage de qualité à proximité et des formations sur le compostage dans les Champs Ecoles Paysans. En termes d’amélioration de l’approche par laquelle nous ciblons l’insertion de jeunes, de femmes et le développement des cultures de contre saison, nous pouvons partager les résultats suivant : en moyenne, 32% de nos bénéficiaires sont des femmes (tous appuis agricoles confondus). La pratique de la culture de contre-saison est récente à Anjouan : Dahari essaie de la développer, étant donné son fort potentiel pour l’augmentation des revenus des paysans. Cependant, cela demande une vraie maîtrise des techniques ainsi qu’une prise de risque, c’est pourquoi nous sommes très contents d’avoir pu convaincre 67% de nos bénéficiaires de pomme de terre et 30% de nos bénéficiaires de maraîchage à pratiquer la contre saison cette année. Cette année nous n’avons pas pu mesurer l’âge moyen de nos bénéficiaires (chose que sera faite pour 2014) mais nous avons pu constater que de plus en plus de jeunes s’intéressent à Dahari et à ses méthodes. Ce point sera l’une de nos priorité pour 2014 : il s’agit de parvenir à mobiliser les plus jeunes agriculteurs, qui sont l’avenir de l’agriculture anjouanaise.

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