Siti nous raconte le projet ECDD, et Dahari qui prend le relais

Siti Mohamed, chargée de suivi et d'évaluation chez DahariSiti a reçu une formation de quatre ans en philosophie, puis s’est spécialisée en Gestion durable des ressources naturelles.
Fin 2007, elle postule à une offre ECDD correspondant à ses compétences. Tout commence ici.

Sa mission ?
Facilitatrice de projet. Elle a parcouru cinq villages différents, dont Adda où elle est actuellement en mission. Son champs d’activité est étendu : analyser les problématiques avec les villageois, identifier avec eux les différentes solutions à mettre en œuvre et finalement mettre en place des activités lorsqu’elles sont jugées utiles pour le village. Son ambition première est de motiver le plus de gens possible à faire partie du projet.

C’est petit à petit qu’elle a été formée en agronomie par l’ECDD.  Elle a également appris à prendre la parole en réunion, à animer, à se faire entendre auprès de différents publics : elle a gagné en confiance en elle. Sans compter ses progrès en informatique, puisqu’elle est maintenant apte à créer des bases de données. Cette expérience renforce sa polyvalence. “C’est une formation continue”.

Sa plus grande fierté personnelle ?
Avoir acquis autant de compétences lors des différentes formations. Et sur le terrain ?Se rendre compte que son travail n’est pas du temps perdu, que les villageois sont satisfaits et que les résultats sont là.

Son plus grand défi a été de gérer son statut de jeune mère et son travail prenant (quatre jours/semaine sur le terrain). Mais également de faire face à la difficulté d’impliquer des gens, notamment dans son premier village, à Kowé.
Quand on lui demande, deux moments mémorables lui viennent à l’esprit : son affectation à Moya, qui a coïncidé avec son premier enfant et où elle a du donner beaucoup d’elle même. Et les remerciements des villageois de Outsa, après la réhabilitation des infrastructures en eau dans le village : suite aux travaux agricoles, on voit circuler l’argent dans un des villages les plus pauvres d’Anjouan et on voit également le dynamisme du village. Bref, les gens ont pu améliorer leurs conditions de vie, ce qui était l’objectif et ce qui fait toujours plaisir à voir.

Et comment elle voit la suite de sa carrière ?
Pour le moment, elle ne pense pas à une autre ONG. Elle est bien ici, elle veut rester dans ce domaine. Cependant, elle ne cache pas qu’elle aimerait dans le futur voir évoluer son poste : acquérir de nouvelles compétences pour devenir un leader d’équipe. Avec l’ONG Dahari, elle sent qu’elle peut apprendre de nouvelles choses comme la gestion de projets et la formation.
Car c’est pour elle l’objectif final de Dahari : réussir à bien former les villageois pour les rendre autonomes dans leur gestion des ressources naturelles. Les personnes qui font déjà partie de la communauté doivent avoir plus de responsabilités, doivent s’impliquer, afin de dégager du temps aux techniciens agricoles pour promouvoir le projet. Il faut que les groupes agricoles se cadrent tout seuls, qu’ils aient leurs règles et que l’action devienne stable et rentable. Il faudrait quelqu’un au sein du village qui sache animer, quelqu’un qui porterait le message Dahari et serait au service de tous.

Quant à l’impact durable dans son travail, elle le ressent surtout dans l’appui technique et le transfert de compétences. Car elle n’a pas de doute : tout va se transmettre, au voisin, au fils, à la famille. C’est long, mais ca viendra.

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