Rencontre avec Amelaid et sa passion : la biodiversité

Amelaid HoumadiAprès cinq années d’étude en Biologie, Ecologie et Conservation animale à Madagascar, Amelaid est revenu aux Comores pour découvrir la biodiversité des îles de la lune. Il a tout d’abord travaillé comme bénévole dans quelques associations, jusqu’au jour où il rencontre par hasard une écologue qui lui conseille d’envoyer son CV au projet ECDD, où il a été recruté.

C’est donc en 2009 qu’il a rejoint l’équipe ECDD en tant que Technicien de Suivi et de Recherche de la Biodiversité. Sa mission était d’établir les premiers transects à long terme pour le suivi de la faune et particulièrement des espèces endémiques. Il a ensuite travaillé sur la production des premières cartes d’habitat (couverture du sol) à haute résolution pour les trois îles, ainsi que sur les cartes de distribution de la dynamique spatio-temporelle des oiseaux endémiques rencontrés à Anjouan. Les résultats de ses recherches informent d’une part sur l’état actuel des statuts des espèces mais aussi sur la façon dont elles se distribuent spatialement et temporellement.

Aujourd’hui, Amelaïd continue son action avec Dahari comme consultant et enseigne en parallèle la biologie des poissons à l’Ecole de Pêche d’Anjouan. Ses résultats servent d’information de base pour les suivis ultérieurs. Les cartes de distribution de la biodiversité endémique des îles constituent des outils cruciaux pour les étudiants, les chercheurs et les touristes. C’est un travail de longue haleine, où tout évolue constamment, mais il n’a aucun doute sur la notion durable de sa mission. En effectuant ce travail d’analyse, il assure à la biodiversité une reconnaissance. Et c’est cette reconnaissance qui permettra sa sauvegarde.

Lorsqu’on lui demande ce qu’il a apprit pendant le projet ECDD, il répond : « la pratique ». Car l’école représente 95% de théorie, et c’est en voyant la réalité du terrain qu’il a renforcé ses compétences. Mais il est conscient aussi des connaissances qu’il a acquises lors des sessions de formation, notamment celles partagées par les expatriés qui ont travaillé avec le Projet.

Quant aux aléas du travail de terrain, il nous dit les efforts physiques à fournir, la volonté à trouver pour s’intégrer au mieux avec les communautés villageoises et maitriser les divergences linguistiques entre les régions et les îles de l’archipel. Mais cette notion d’humain est également ce qu’il qualifie comme “sa plus grande réussite” : avoir réussi à s’intégrer aux diverses communautés et en apprécier le contact. Mais il est également fier de sa maitrise de la biodiversité comorienne, notamment celle des oiseaux.

Son plus grand défi, il estime l’avoir relevé : à son arrivée, il observait le terrain mais il n’y avait personne dans l’équipe locale capable d’analyser ensuite les données biologiques. Il a donc cherché une formation à distance pour effectuer cette mission, et a ainsi pu développer ses compétences en effectuant deux années d’étude complémentaires en Master 2 d’Aménagement de la Faune.

Et l’avenir? Il le rêve : il aimerait être un grand chercheur et un éminent représentant de la biodiversité des Comores. Il aimerait que ses travaux soient pris comme référence et espère avoir l’occasion de partager ses connaissances et sa passion à l’international. Mais aujourd’hui, avec Dahari, il espère pouvoir être bientôt responsable d’un projet qui lui tient à cœur autour de la gestion des espèces protégées. En effet, le projet ECDD a travaillé pour comprendre la situation des différentes espèces et les menaces qui pèsent sur elles. Dahari, qui prend le relais, doit maintenant se tourner vers des actions de préservation plus concrètes : il espère donc pouvoir concevoir un système de sauvegarde des dortoirs des Roussettes de Livingstone, espèce hautement menacée. Et il compte bien y arriver.

Coup du hasard : Dahari vient de recevoir, fin décembre, une bourse de 8.000 euros de la part de la fondation Mohamed Bin Zayed Species Conservation Fund, pour lancer ce projet pilote de protection des dortoirs de Livingstone. La suite? C’est Amelaid qui vous le racontera …

 

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