Situation environnementale

Les Comores font face à de graves problèmes environnementaux qui menacent la biodiversité et ainsi que la population Comorienne dont les moyens d’existence dépendent pour une grande part des ressources naturelles et des services écosystémiques.

Environment Comoros bananas under forest cover

Les causes de la déforestation aux Comores
Durant la période coloniale, la plupart des terres fertiles accessibles faisaient partie des domaines coloniaux, lesquels produisaient des cultures d’exportation telles que le ylang-ylang et la vanille. La population rurale, en particulier les plus pauvres, devaient souvent cultiver leurs cultures vivrières sur des terres moins fertiles situées sur de plus raides pentes et plus haut dans la montagne. Il était illégal de défricher la forêt, aussi, les fermiers développèrent-ils une forme d’agroforesterie qui impliquait de planter des bananes et du taro sous la canopée forestière en utilisant des systèmes de rotation à long-terme. Ces systèmes traditionnels de production sous le couvert forestier eut un impact relativement minime sur la forêt du fait de leur faible densité et de la protection de cette même forêt par les régimes coloniaux, laquelle incluait de sévères amendes pour la coupe de bois.

Après l’indépendance en 1975, les terres coloniales furent restituées au peuple comorien mais les plus riches achetèrent les terres les plus fertiles, au bas des versants. Le rapide accroissement démographique accrut la pression sur les terres agricoles et les villageois les plus pauvres furent réduits à cultiver sur les versants supérieurs. Avec plus de bouches à nourrir, les rotations traditionnelles se firent plus courtes, laissant moins de temps aux sous-bois pour se régénérer après les cultures. Une perpétuelle pauvreté implique que lorsqu’une famille a besoin d’argent (pour construire une maison, envoyer un enfant à l’école ou financer un mariage par exemple), elle abat les arbres de sa terre forestière pour en vendre le bois ou utiliser ce dernier pour la construction.

Anjouan enviornment agriculture

Les impacts
Une grande partie de la biodiversité terrestre endémique aux Comores appartient aux écosystèmes forestiers et la perte forestière constitue la principale menace pour de nombreuses espèces en voie d’extinction. La biodiversité marine est aussi affectée car l’érosion du sol conduit à l’envasement des récifs de coraux.

La perte forestière et la dégradation environnementale constituent aussi de graves menaces pour les Comoriens et leurs moyens d’existence. La forêt fournit des ressources naturelles et des services écosystémiques essentiels tels que:

  • Un rôle climatique: les forêts se trouvent au sommet de la montagne, aussi font-elles fonction de forêts montagneuses humides, jouant un rôle important dans les régimes des pluies de l’île
  • Un approvisionnement en eau douce: la pluie qui tombe sur les forêts ne ruisselle pas immédiatement mais coule doucement au travers du sous-bois et de la couche d’humus, lui laissant le temps de réalimenter les eaux souterraines. Durant la dernière moitié du 20ème siècle, on pense que le nombre de rivières permanentes à Anjouan est passé de plus de cinquante à moins de dix actuellement. Ceci a d’évidentes implications pour les populations qui dépendent de ces sources.
  • Une protection contre les inondations et les glissements de terrain: sans couverture forestière, les fortes moussons frappent directement les flancs de collines escarpés et peuvent causer de graves dégâts tant aux champs qu’aux villages et aux infrastructures.
  • Une protection pour les récifs de coraux: le poisson est une source majeure de protéines pour les Comoriens et la pêche est un important moyen d’existence. Les récifs de coraux servent de lieux d’élevage pour de nombreuses espèces de poisson c’est pourquoi ils sont essentiels au maintien des stocks de poisson. Sans protection de la forêt, le sol des versants s’érode et finit par envaser les récifs de coraux environnants.
  • Une approvisionnement en bois: le bois est utilisé pour la construction et la fabrication de meubles.
  • Une source pour les remèdes traditionnels: de nombreuses espèces forestières sont utilisées dans la médecine traditionnelle.

Les villageois âgés d’Anjouan relatent les nombreux changements dont ils ont été témoins au cours de leur existence, depuis leur enfance où la forêt était peu éloignée du village jusqu’aux changements climatiques – baisse des précipitations, températures plus chaudes – et aux baisses du débit d’eau.

Durant la dernière moitié du 20ème siècle, on pense que le nombre de rivières permanentes à Anjouan est passé de plus de cinquante à moins de dix actuellement. Ceci a d’évidentes implications pour les populations qui dépendent de ces sources.

La perte de ces services écosystémiques et la dégradation environnementale rendent ces petites îles plus vulnérables aux impacts des changements climatiques mondiaux. L’ “atlas des risques” des changements climatiques réalisé par la société de conseil en gestion des risques Maplecroft a qualifié les Comores de pays le moins préparé à gérer les impacts des changements climatiques.