Histoire des Comores

La position des îles des Comores dans le canal du Mozambique les a placées à la croisée des chemins en matière d‘influences africaines, malgaches et arabes. Avec le temps, une culture et une langue unique ont émergé de ces diverses racines.

Des preuves archéologiques témoignent de la présence de colonies humaines temporaires aux Comores dès l’an 1000 avant Jésus-Christ mais la première preuve d’établissement permanent remonte au 8ème siècle après Jésus-Christ à Mohéli et Mayotte. Les premiers habitants étaient probablement d’origine africaine et furent suivis du même peuple austronésien qui colonisa Madagascar. Les îles devinrent un important lieu d’escale pour le commerce qui se développait entre le monde arabe, Madagascar, l’Asie et la côte est de l’Afrique et dont la résultante fut la culture swahili. Ce ne fut pas seulement des marchandises qui y furent échangées: les marchands se marièrent dans les îles et fondèrent des familles, un grand nombre d’esclaves fut par ailleurs emmené dans la région. La population comorienne descend de ces différents groupes. L’influence swahili est visible dans le Shikomori – la langue comorienne qui est lié au KiSwahili – ainsi que dans les nombreuses coutumes et traditions communes.

 

Mosquée à 2 mihrabs (mkiri wa Chiraz) à Domoni, construite vers le 17 ème siècle

Les Comores étaient bien connues des navigateurs arabes, apparaissant sur leurs cartes bien avant que les Européens ne les découvrent. Le nom de “Comores” vient du mot arabe “Al-Komr” qui signifie “lune” bien qu’il semble, d’après une ancienne carte arabe, que ce nom ait été attribué d’abord à Madagascar avant d’être attribué aux Comores. Les premiers Européens à découvrir les îles furent les Portuguais qui décrivirent Grande Comore en 1529.

Les marchands arabes apportèrent probablement l’Islam dans les îles au 15ème siècle et furent suivis par les colons Shirazi, lesquels venaient de la ville de Shiraz, située dans l’actuel Iran. Les Shirazi étaient des musulmans sunnites et eurent une importante influence sur la société comorienne au 15 et 16ème siècle, établissant des sultanats et construisant des mosquées.

Jusqu’à l’ouverture du Canal de Suez en 1869 voire même parfois après (car les bateaux à voile ne pouvaient emprunter le Canal), les bateaux allant de l’Europe jusqu’à l’Océan Indien contournaient Le Cap puis remontaient le canal du Mozambique. De fait, les îles des Comores étaient un important lieu d’escale. Anjouan devint en particulier un port important pour les bateaux britanniques et hollandais au 17ème siècle. Durant la lutte pour contrôler l’Océan Indien au plus fort de la construction de l’empire européen, la France réussit finalement à faire de Mayotte une colonie totalement française en achetant l’île en 1841 et en déclarant ensuite un protectorat sur le reste des îles en 1886. Les quatre îles devinrent une seule colonie en 1908.

Djoumbé Fatima, reine de Mohéli (1836-1878).

Les îles furent gouvernées par Madagascar de 1912 jusqu’à l’obtention par celle-ci de son indépendance en 1960. Ce ne fut qu’en 1975 que le Parlement des Comores déclara l’indépendance unilatérale des quatre îles de l’archipel. Des référendums furent ensuite organisés à Mayotte et la population vota pour rester territoire français. Mayotte continue d’être administrée par la France et  le gouvernement de l’Union des Comores continue à revendiquer la souveraineté de l’île de Mayotte.