Focus sur la Roussette de Livingstone, espèce phare d’Anjouan…

C’est quoi la Roussette de Livingstone ?

La Roussette de Livingstone, ou Pteropus livingstonii, est un mammifère volant endémique des Comores. Elle ne se rencontre que dans les îles d’Anjouan et de Mohéli. C’est l’une des espèces phares et emblématiques des Comores et surtout la plus menacée avec une population de seulement 1 200 individus restants. C’est la quatrième plus grande espèce de chauve-souris au monde avec une envergure pouvant atteindre 1,50 à 2 mètres. Elle est très sélective concernant son habitat ; en effet, elle préfère les zones montagneuses là où les pentes sont très raides et vit dans des arbres spécifiques et autochtones qui constituent son dortoir.

 

 

En quoi consiste le travail de Dahari ?

L’équipe écologie composée de quatre personnes assure la recherche scientifique sur l’espèce et le suivi des effectifs de sa population, mais également sa conservation sur le long terme.

Comment ? Grâce aux études menées par l’équipe de Dahari et des chercheurs internationaux entre 2009 et 2012, l’espèce vient d’être classée par l’IUCN comme en danger critique d’extinction. C’est une évolution importante qui va aider les Comores à mobiliser davantage de ressources pour la conservation. L’étude a montré que certains dortoirs d’Anjouan ont disparu au cours de ces dix dernières années, et que la plupart des dortoirs restants sont menacés par des glissements de terrain, le déboisement (un des taux les plus élevés au monde), et par l’expansion des terres agricoles.

L’article scientifique avec toutes les analyses vient d’ailleurs d’être publié dans le journal académique Oryx ici.

L’équipe de Dahari mène en parallèle des études d’évaluation de leur habitat (les dortoirs) et un suivi biannuel (en saison sèche et saison de pluies) de la population dans les 16 dortoirs présents à Anjouan. Nous comptons élargir ce travail à Mohéli à partir de 2017. Pour assurer la protection et la conservation des sites-dortoirs nous avons besoin de collaborer avec les propriétaires de terrain et les communautés riveraines. Un système de paiement pour services écosystémiques (PSE) a été mis en place de manière à garantir aux communautés locales qu’elles ne seront pas lésées par les mesures de conservation prises, et qu’elles pourront même en tirer parti.

L’objectif du système est de couvrir les éventuels coûts dus à l’adoption de pratiques agricoles compatibles avec la conservation des sites dortoirs et également de récompenser les propriétaires souhaitant régénérer la forêt naturelle dans la zone.
Actuellement, ce système a été mis en place dans deux dortoirs pilotes. Avec les financements du Critical Ecosystem Partnership Fund (CEPF), nous comptons élargir cette initiative sur cinq autres dortoirs en 2017, permettant ainsi de garantir la survie à long-terme d’environ un tiers de la population de cette espèce magnifique, emblème pour la conservation aux Comores.

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